Posts Tagged ‘yunus’

Soyons fier avant tout d’appartenir au genre humain!

juin 25, 2008

Je me contenterai dans ce rapide billet de citer Mohamed Yunus et de vous poster une vidéo qui incarne bien à mon sens la mondialisation et la prise de conscience globale qui lui est inhérente: que nous appartenons bien au même genre: le GENRE HUMAIN!

« Le protectionnisme, censé défendre les pauvres , ne profite en définitive qu’aux riches et à ceux qui maîtrisent les rouages du système.

Les pauvres ont tout intérêt à voir s’ouvrir d’importants marchés, au lieu de rester cantonnés dans des marchés étriqués. Si nous pouvons assurer la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes, tout le monde en bénéficiera, et pas seulement les pauvres.

Par exemple le commerce annuel entre l’inde et le Pakistan est estimé à 1 milliard de dollars alors qu’il pourrait en représenter 9. Le coût des échanges frontaliers dans la région est trop élevé. Les postes-frontières entre l’Inde et le Bangladesh sont si encombrés que les files d’attente du côté indien dépassent 1000 camions. Ce manque d’intégration contribue à faire de l’Asie du Sud l’épicentre de la pauvreté mondiale: on y trouve près de 40% de la population pauvre du monde.

Cela n’a aucun sens de rester frileusement repliés derrière nos frontières. Gageons d’ailleurs que nos passeports et visas seront tombés dans l’oubli au cours du XXIème siècle. Soyons fier avant tout d’appartenir au genre humain. Dans le monde qui vient, les identités nationales auront certes toujours leur place (cf l’Euro 2008 😉 n.d.moi); toutes les communautés religieuses, raciales, régionales, locales, politiques et culturelles devront faire entendre leur voix, mais dans le respect des autres et sans visées expansionnistes. Toutes ces diversités, ouvertes au dialogue, ne feront qu’enrichir le patrimoine de l’humanité. »

Que dire de plus?

Et voici la vidéo de l’illustre globe-trotter Matt! C’est l’homme-type de la seconde moitié du XXIème siècle, mobile, présent aux carrefours des peuples et des traditions….quand on voit cette vidéo…on prend conscience plus que jamais que nous sommes tous les mêmes, la même joie de partager, de vivre…et on se demande comment l’Humanité a pu passer au cours de son Histoire par des périodes aussi noires et obscurantistes. Je vous invite à ce propos à consulter l’article « Pourquoi on se bat? »

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

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Brisons le cliché de la guerre bonne pour l’économie

juin 22, 2008

Certains trouvent comme rare point positif à la guerre le fait qu’elle serait bonne pour l’économie. Cette vision est héritée de la Seconde Guerre Mondiale où l’effort de guerre avait exigé une mobilisation totale de toutes les populations, notamment aux États-Unis, ce qui avait permis de sortir de la Grande Dépression en relançant l’économie et en stimulant l’industrie.

Mais aujourd’hui cette assertion est complètement fausse !

En effet, de nos jours, seule une minorité d’industries est concernée, de plus, pour la guerre en Iraq par exemple, une grande part des tâches d’approvisionnement et de logistique nécessaires à l’action américaine est confiée à des sous-traitants philippins ou népalais, ces dollars dépensés ne profitant clairement pas à l’économie américaine.

En fait l’effet « positif » que peut avoir la hausse des dépenses militaires sur l’économie est plus que mis à mal par au moins trois autres effets pernicieux:

  • Un climat d’incertitude géopolitique qui se traduit par une hausse des prix de l’énergie (si le conflit implique des pays producteurs, ou voisins de producteurs, ou même voisins de zones de transit, comme le détroit d’Ormuz). Ainsi, le prix du pétrole s’est remis à monter depuis 2003, date de l’invasion de l’Iraq par les Américains. Certes les experts s’attendaient à une hausse du fait de la demande chindienne (Chine + Inde), mais personne n’aurait imaginé voir le prix du baril passer de 25 dollars à 135 dollars en 5 ans ! (à ce titre, lire l’article « Mais pourquoi le pétrole monte-t-il autant ? »)
  • Un renoncement à d’autres dépenses. Ainsi Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, et Linda Bilmes, brillants auteurs de « Une guerre à 3 000 milliards de dollars » dénoncent que cette somme aurait pu servir à la construction de 8 millions de logements, à embaucher 15 millions de professeurs, à payer les soins de 530 millions d’enfants et les bourses d’études de 43 millions d’étudiants, ainsi qu’à fournir une couverture sociale pour cinquante ans à chaque Américains. Le Prix Nobel raille que les États-Unis ne donnent que 5 milliards de dollars par an pour la coopération et le développement en Afrique, 5 milliards de dollars, soit dix jours de combat de l’armée américaine…
  • Des coûts de long terme sur l’économie (pensions pour les vétérans, femmes/mères de vétérans obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur mari/fils devenu infirme, etc). Ainsi Joseph Stiglitz rapporte que près de 40% des 700 000 hommes engagés dans la première guerre du golfe, qui a duré juste un mois, peuvent prétendre aux pensions d’invalidité. La guerre actuelle dure depuis 5 ans…

Au final, en restant sur l’exemple américain, alors que l’économie américaine souffre de la vétusté de ses infrastructures, il est clair que « la guerre stimule moins l’économie que la construction de ponts ou d’hôpitaux » affirme Joseph Stiglitz.

« La guerre peut être nécessaire à la sécurité d’un pays, mais elle n’est pas bonne pour son économie, ni à court ni à long terme. » martèle notre ami Joseph Stiglitz !

Triste ironie, il faut aussi et malgré tout reconnaître à cette guerre d’Iraq d’immenses progrès scientifiques dans la conception et l’efficacité des prothèses médicales. Ce qui renforcera peut-être certains dans leur conviction que la guerre est le meilleur des stimulateurs pour l’innovation. C’est totalement faux ! Oui l’innovation à besoin d’incitations, mais la guerre n’est qu’un moyen d’en donner ! L’économie de marché en est un autre, que ce soit avec la recherche du profit pour les entreprises traditionnelles d’une part, ou la volonté de produire des bénéfices sociaux pour les « social businesses » de Mohammed Yunus d’autre part !

Ou mieux : des concours avec d’immenses primes à la clef ont toujours constitué de puissantes incitations à relever toutes sortes de défis pour les inventeurs et chercheurs de tous bords. Joseph Stiglitz propose de procéder ainsi pour pousser chercheurs et scientifiques à trouver les remèdes aux maladies qui s’abattent principalement sur le Tiers-Monde et dont se désintéressent les compagnies pharmaceutiques.

Pour conclure ce billet, voici quelques chiffres et faits en vrac qui font froid dans le dos et démontrent, si besoin en était, le cynisme de nos grands pays donneurs de leçons :

  • Les 5 plus grands exportateurs déclarés d’armes conventionnelles (avions, navires, véhicules blindés, canons, système radar, fusils, etc, toutes les armes sauf celles nucléaires, bactériologiques et chimiques) sont les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, à savoir États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne
  • Pendant la guerre Iran-Iraq (entre 600 000 et 1.2 million de morts), les pays occidentaux ont vendu des armes aux deux camps
  • Pendant la guerre des Malouines qui opposa Angleterre et Argentine en 1982, la France vendit des armes aux Argentins, et les moyens de les neutraliser aux Anglais….
  • La guerre civile en République Démocratique du Congo, largement nourrie par les trafics d’armes légères, a fait, entre 1996 et 2003……3,8 millions de morts !!!! (International Rescues Comitee), 3,8 millions de morts, rendez-vous compte, jamais le rapport (nombre de morts)/(couverture médiatique et conscientisation des opinions sur ce massacre) n’aura été aussi élevé il me semble !
  • Chaque année, 500 000 personnes en moyenne meurent à cause des armes légères (fusils, mitraillettes, pistolets, etc)
  • 900 millions d’armes légères circulent dans le monde, beaucoup sont issues des anciens stocks de l’armée rouge dispersés et objets de tous les trafics après l’écroulement de l’Union Soviétique
  • Les dépenses d’armement sont en hausse depuis 5 ans, plus du fait de la solvabilité des pays acheteurs que de la nécessité de se prémunir contre une menace avérée

(sources: SIPRI, institut de recherche basé à Stockholm)

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Lire ce qu’on veut, où et quand on veut…le Kindle est arrivé!

juin 15, 2008

LIRE ! J’avais déjà publié un post sur ce sujet, mais je ne résiste pas à l’envie de remettre se sujet sur la table suite à la sortie tant attendue d’un prototype de livre numérique enfin satisfaisant, le Kindle de Amazon dont je vous invite ardemment à voir les vidéos de présentation sur le site même d’Amazon.

C’est tout simplement un tournant qu’est en train de prendre l’économie du savoir avec cette innovation longtemps désirée mais jamais au point : on peut enfin embarquer avec soi des milliers d’heures de lecture, le tout contenu dans un dispositif électronique léger et pratique, avec un écran restituant enfin une qualité de lecture égale à celle sur papier…d’après les premiers témoignages (je ne l’ai vu que sur internet à mon plus grand regret !!) au bout de quelques minutes de lecture, on n’en oublierait presque l’écran, les gens n’en reviennent pas. Mieux encore, sans même souscrire à un quelconque abonnement, on a accès, gratuitement donc, à la boutique en ligne Amazon (via wifi ou gprs, comme les portables !) pour acheter en moins d’une minute un livre parmi la centaine de milliers d’ouvrages déjà disponibles.

Loin des besoins en batterie requis par la vidéo et la musique, cet appareil, le Kindle, futur best-seller je pense, a une autonomie de plusieurs jours de lecture !!

On pourra maintenant lire où on veut, quand on veut, autant qu’on veut, ce qu’on veut, véritable révolution !! Sans s’encombrer, il sera possible de mettre à profit tous ces petits temps morts de la journée, temps perdus pour l’instant, mais demain, occasions de découvrir un nouvel auteur, de lire les derniers posts de ses blogs favoris – et oui ! – ainsi que les derniers articles des grands journaux.

Alors quel lien avec la mondialisation et l’aspiration à un monde meilleur ? Et bien c’est simple, voici enfin le premier appareil viable d’une longue série à venir à même de rendre disponible à tous les êtres humains le savoir de toute l’humanité ! Ce type d’innovation rapproche encore les Humains les uns des autres, en ce sens que cela contribue à mettre sur un pied d’égalité pauvres et riches, Nord et Sud, quant à l’accès au savoir ! La suite logique de la numérisation des textes, comme j’ai pu l’évoquer dans un précédent billet, c’est la voie déjà empruntées par la musique et maintenant par la vidéo : la gratuité qui s’imposera de fait comme le nouveau paradigme de la lecture sous les coups de boutoir de la piraterie.

Plus largement, l’accès au savoir partout et tout le temps, c’est l’accès aux outils permettant une meilleure compréhension et interprétation de l’information : les producteurs des villages reculées ne se feront plus aussi facilement arnaqués par des acheteurs intermédiaires peu scrupuleux leur faisant croire à des cours ayant soi-disant chuté. C’est aussi plus de démocratie, car la possibilité pour les opinions publiques de se mobiliser et de s’enflammer grâce à ces outils multidimensionnels que sont internet ou les sms, qui rendent caduques les lignes Maginot que croient pouvoir ériger les autorités.

Pour terminer ce billet voici un extrait de « Vers un nouveau capitalisme », ouvrage de Mohamed Yunus, homme formidable dont l’Humanité dira certainement dans cent ans qu’il fut l’un de ses plus remarquables bienfaiteurs. Ce passage illustre une situation qui témoigne du rôle joué par les nouvelles technologies dans l’amélioration de la gouvernance dans les pays du tiers monde ici grâce à un simple téléphone portable !

« Certaines dames téléphones (au sein des communautés pauvres, dames qui offrent des services de téléphonie) ont fait usage du pouvoir que représente la possibilité de passer des coups de téléphone. L’une de mes histoires favorites met en scène une dame-téléphone dans un village où avait eu lieu un crime : une personne du village avait été attaquée par un inconnu qui avait aussitôt disparu. Les gens du village étaient en colère et angoissés. Que la police locale reste totalement indifférente à leurs appels les a rendus encore plus furieux.

Par le passé, ils n’auraient eu aucun recours. Mais la dame-téléphone leur a dit de ne pas s’inquiéter car elle allait appeler le chef de la police. Elle l’appela et lui dit : « Les habitants de notre village sont très en colère car vous refusez de répondre à nos appels. Je vous demande d’envoyer des policiers dans notre village pour enquêter sur ce crime. Sinon, je vais appeler le bureau du Premier Ministre, j’ai son numéro sous les yeux ! »

La police arriva une heure plus tard. »