Archive for juin 2008

Quand des milliers de Chinois réclament justice…

juin 29, 2008

Nouveau fait divers en Chine qui déclenche l’ire de la population suite à la mort d’une adolescente qui aurait été violée et assassinée par le neveu d’un notable local: plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés devant le commissariat de Wengan, puis l’ont caillassé et ont tenté d’y mettre le feu.afp/str

Les Chinois des campagnes n’hésitent plus à se soulever, excédés par l’écart grandissant de niveau de vie qui les séparent autant des villes que de la côte. Ils ne supportent plus ni l’inflation, ni la corruption à laquelle s’adonnent joyeusement les élites locales. Comme dans beaucoup de pays en développement, tout se monnaye contre des bakchichs: une place à l’hôpital, la disponibilité de la police…les fonctionnaires peu payés ne peuvent pas résister à la tentation.

Dans ces révoltes soudaines, les NTIC (téléphone mobile, internet) jouent un rôle prépondérant, permettant à l’information de se répandre au plus vite pour mobiliser l’opinion publique qui a traditionnellement toujours cherché à se tenir au courant et à dénoncer les abus de l’administration impériale via les dazibaos, l’ancêtre du blog . Les photos qui témoignent de ces évènements de subversion sont généralement prises avec les mobiles et uploadées sur des sites tenus par des Chinois de l’étranger, comme Boxun.

Ce à quoi on assiste, ce sont les spasmes d’un peuple qui s’éveille et revendique de façons de plus en plus affirmée sa soif de justice et d’équité, préalable à la soif de liberté….en témoigne l’inflation de personnels juridiques (avocats, juristes, etc) en Chine.

Le pouvoir ne peut rester insensible à ces revendications, sa stabilité en dépend, ils n’hésitent donc plus à sévir contre les incartades de certains hauts-responsables: l’ancien directeur de l’Administration d’Etat de Surveillance et de Contrôle des Aliments et des Médicaments a été exécuté en 2007 suite à des manquements à son devoir ayant entraîné la mort de nombreuses personnes; c’est le quatrième haut officiel chinois du rang de vice-ministre à être condamné à mort depuis 2000, signe de la volonté du parti unique communiste de se mettre efficacement au service de la population, en tant que moyen de faire de la Chine un géant…et accessoirement de se maintenir au pouvoir.

Je vous conseille de lire à ce propos, si vous ne l’aviez pas fait, l’article « La Chine demain une démocratie! »

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Le Terre est plate!

juin 27, 2008

Voici une pensée intéressante du blogger Mikiane:

« Qu’est ce qui aujourd’hui constitue une identité?

Il me semble que deux phénomènes concomitants provoquent le déclin du sentiment « d’identité nationale » : l’accroissement du communautarisme (culturel ou cultuel) et la mondialisation. Les groupes ou les communautés humaines se constituent désormais sur des critères qui ne sont plus ceux de la nationalité. L’origine culturelle, cultuelle, la langue et le quartier sont bien plus efficaces que la seule nationalité (sauf peut-être lors de compétitions sportives…).

Une révolution sociétale?

C’est ce qui me fait penser que nous sommes probablement en train de vivre une nouvelle révolution. Les organisations humaines ne seraient plus construites autour du concept de Nation.

Et si Internet avait provoqué cette rupture? Et si cela avait été acceléré par les réseaux sociaux. Et si les réseaux nous avait offert l’immense chance de créer de nouveaux états virtuels dont les frontières ne seraient plus physiques mais linguistiques ou culturelles? Et si par effet de réaction le « quartier » était devenu le seul critère de regroupement social du monde physique (certains diraient « réel ») ?

Facebook, nouvel atlas mondial?

Un bobo parisien du Marais et un happy few canadien expatrié à Brooklyn connectés sur Facebook ne sont ils pas beaucoup plus « proche » qu’un français montreuillois et un français neuilléen ? Pourtant les premiers sont de nationalité différente et habitent à des milliers de kilomètres et les seconds sont bel et bien de la même nationalité et vivent dans la même ville, non? »

Voici ce que cela m’a inspiré comme réaction:

Comme l’écrivait Thomas Friedman dans « la terre est plate », les frontières sont effectivement en train de tomber, on est en train d’assister à l’émergence d’un village global, la mondialisation est à l’oeuvre, bla bla bla, comme chacun sait, les récents progrès scientifiques, surtout dans les NTIC, rapprochent les Hommes…enfin c’est plus subtil: elles permettent d’offrir un choix très vaste à chaque être humain qui peut alors essayer, goûter et enfin trouver sa voie pour ensuite rejoindre les autres groupes d’êtres humains avec lesquels il a le plus d’affinités, groupes qui ont une existence supranationale, faisant fi des distances…si bien qu’un bobo parisien se sentira plus proche d’un bobo new-yokais que d’un banlieusard parisien…ce n’est pas nouveau en fait, ils étaient déjà plus proche, mais ils n’avaient pas les moyens de le savoir et d’entrer en contact, maintenant ils l’ont…

Ce mouvement de déconstruction des nations devrait s’amplifier avec l’abolition de la dernière des barrières…celle de la langue!
Extrait de mon blog:
« À l’heure de la révolution des technologies de l’information, dans un monde où les communications sont instantanées et tendent à devenir gratuites et illimitées, la mondialisation des échanges culturels et intellectuels, des échanges humains donc, n’est entravée que par la barrière de la langue. Ce qui freine la propagation des velléités démocratiques et des idéaux droit-de-l’hommistes en Chine, ce ne sont pas tant les barrières que le parti communiste chinois entend imposer à la libre circulation de l’information (aisément contournables par la transmission télévisée satelitaire et l’équipement en petite paraboles de fortune) que l’ignorance et l’imperméabilité aux médias étrangers télévisés, techniquement accessibles on l’a dit, mais rendu inaccessibles par la barrière de la langue : si le Pékin moyen comprenait l’anglais, il regarderait volontiers les chaînes anglo-saxonnes, comprendrait mieux le sort qui lui est fait et revendiquerait plus hardiment encore sa soif d’équité, en un mot sa soif de démocratie ! »

Encore une fois, ce sera une innovation technologique qui viendra briser cet obstacle au rapprochement des hommes: le XXIème siècle sera celui de l’intelligence artificielle émanant de l’intelligence collective (un peu comme fait google pour faire tagger ses photos par les internautes et ainsi leur donner du sens, et les rendre ensuite accessible à la recherche dans son moteur), cette intelligence artificielle prendra entre autres la forme du web sémantique (je pose une question en bon français à google qui me répond en bon français sans faute de grammaire ni syntaxe), et de la traduction automatique simultanée!! (je parle en français, tu entends automatiquement dans ton casque en swahili, tu me réponds en swahili, etc; sur ce sujet, voir la très intéressante conversation d’avenir de Jacques Attali)…cette dernière innovation qui verra le jour avant 2025 révolutionnera une fois de plus la façon dont l’humanité se mondialise….le meilleur étudiant de la promotion d’Harvard 2031 sera possiblement une jeune Guaranie du fin fond de la forêt amazonienne n’ayant jamais prononcé un seul traître mot d’anglais, ayant fait ses classes depuis son ordi OLPC, se rechargeant à l’aide d’une manivelle ou de l’énergie solaire…!!

Petit à petit, le libre-échange aidant, les salaires vont s’harmoniser sur l’ensemble de la planète….on pourra alors ouvrir toutes les frontières à la libre circulation des personnes…ce jour-là, si!…la nation existera encore et plus que jamais, mais sous le nom de NATION HUMAINE!

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Un ordinateur portable par enfant du tiers monde!

juin 26, 2008

One Laptop Per Child (Un Ordinateur portable Par Enfant), c’est la formidable entreprise à but non-lucratif créée par Nicholas Negroponte et par « les membres de la faculté du Media Lab au Massachussets Institute of Technology dans le but de concevoir, fabriquer et distribuer des portables suffisamment abordables afin de donner à tous les enfants du monde un accès à la connaissance et aux divers méthodes d’éducation modernes. »

Une formidable illustration des social-business théorisés par Mohamed Yunus: des entreprises dont le but premier n’est pas la recherche du profit mais la volonté de produire des bénéfices sociaux et environnementaux. Les social-business doivent couvrrir leurs frais, leurs bénéfices servent d’abord à rembourser les investisseurs, puis sont intégralement réinvestis dans le développement de l’activité, il n’y a pas de versement de dividende!

Quelques précisions sur le projet apportées par Nicholas Negroponte, président de One Laptop per Child:

« Les portables seront vendus directement aux gouvernements et distribués par les écoles sur la base d’un portable pas enfant. Des discussions initiales ont été tenues avec la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Égypte, le Niger et la Thaïlande. Un nombre limité de portables sera envoyé à des communautés en développement dans différents pays. »

« Dès lors que ces machines seront hors de leur emballage, elles pourront créer des réseaux multiples, un peu comme des chaînons d’une grande toile, qui les relieront directement les uns aux autres. C’est une caractéristique qui a été développée au MIT par le Media Lab. »

« Pourquoi les enfants dans les pays en voie de développement ont besoin de portables?
Un ordinateur portable est une fenêtre en plus d’être un outil. Une fenêtre sur le monde et un outil qui permet de réfléchir, de penser. Ces portables représentent une merveilleuse façon d’apprendre à “apprendre”, à travers une interaction et une exploration personnelle de l’outil.  »

« Pourquoi ne pas donner plutôt un ordinateur de bureau?
Les ordinateurs de bureau sont effectivement moins chers, mais la mobilité est importante, spécialement quand viendra le temps de ramener le portable à la maison, à la fin de la journée. Les enfants dans les pays en développement ont besoin des plus récentes technologies, spécialement du matériel robuste et des logiciels inventifs et innovateurs. Des expériences récentes dans des écoles du Maine ont démontré l’extrême valeur pour un écolier de posséder son propre ordinateur portable, tant sur le plan de l’apprentissage que du divertissement. Ramener le portable à la maison engage la famille dans le processus. Dans un village du Cambodge par exemple, où nous avons travaillé, il n’y a pas d’électricité, ce qui fait du portable, l’élément le plus lumineux de la maison. »

« Pourquoi est-il si important pour chaque enfant de posséder un ordinateur portable? Qu’est-ce que cela amène de plus que les centres communautaires d’accès par exemple?
On ne pourrait imaginer, par exemple, un simple crayon communautaire – les enfants ont chacun le leur. Ce sont des outils avec lesquels ont peut réfléchir, suffisamment abordables pour les utiliser pour travailler et jouer, dessiner, écrire et calculer. Un ordinateur peut représenter la même chose, mais à une puissance exponentielle. Il y a également plusieurs autres raisons qui font que la possession d’un matériel, que ce soit un ballon, une poupée ou un livre, est un facteur important, comme, par exemple, le fait que ces objets seront traités avec attention et délicatesse. »

Vous pouvez voir et écouter une présentation très intéressante (en anglais) faite par Nicholas Negroponte ici.

Et voici la démo du petit ordinateur conçu pour résister aux mains démoniaques des petits du monde entier!

Les Etats-Unis sont vraiment le pays de tous les possibles…capables du pire comme du meilleur! ils ne cesseront jamais de nous surprendre…

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Soyons fier avant tout d’appartenir au genre humain!

juin 25, 2008

Je me contenterai dans ce rapide billet de citer Mohamed Yunus et de vous poster une vidéo qui incarne bien à mon sens la mondialisation et la prise de conscience globale qui lui est inhérente: que nous appartenons bien au même genre: le GENRE HUMAIN!

« Le protectionnisme, censé défendre les pauvres , ne profite en définitive qu’aux riches et à ceux qui maîtrisent les rouages du système.

Les pauvres ont tout intérêt à voir s’ouvrir d’importants marchés, au lieu de rester cantonnés dans des marchés étriqués. Si nous pouvons assurer la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes, tout le monde en bénéficiera, et pas seulement les pauvres.

Par exemple le commerce annuel entre l’inde et le Pakistan est estimé à 1 milliard de dollars alors qu’il pourrait en représenter 9. Le coût des échanges frontaliers dans la région est trop élevé. Les postes-frontières entre l’Inde et le Bangladesh sont si encombrés que les files d’attente du côté indien dépassent 1000 camions. Ce manque d’intégration contribue à faire de l’Asie du Sud l’épicentre de la pauvreté mondiale: on y trouve près de 40% de la population pauvre du monde.

Cela n’a aucun sens de rester frileusement repliés derrière nos frontières. Gageons d’ailleurs que nos passeports et visas seront tombés dans l’oubli au cours du XXIème siècle. Soyons fier avant tout d’appartenir au genre humain. Dans le monde qui vient, les identités nationales auront certes toujours leur place (cf l’Euro 2008 😉 n.d.moi); toutes les communautés religieuses, raciales, régionales, locales, politiques et culturelles devront faire entendre leur voix, mais dans le respect des autres et sans visées expansionnistes. Toutes ces diversités, ouvertes au dialogue, ne feront qu’enrichir le patrimoine de l’humanité. »

Que dire de plus?

Et voici la vidéo de l’illustre globe-trotter Matt! C’est l’homme-type de la seconde moitié du XXIème siècle, mobile, présent aux carrefours des peuples et des traditions….quand on voit cette vidéo…on prend conscience plus que jamais que nous sommes tous les mêmes, la même joie de partager, de vivre…et on se demande comment l’Humanité a pu passer au cours de son Histoire par des périodes aussi noires et obscurantistes. Je vous invite à ce propos à consulter l’article « Pourquoi on se bat? »

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Bien dit petite!

juin 24, 2008

Bien dit petite

Mettons le paquet sur la banlieue!

juin 24, 2008

Combien de petits Einstein nés en banlieue – lieu du ban, du bannissement – n’ont pas pu/ne peuvent/ne pourront pas exprimer leur potentiel?…car ils ne partent pas sur la même ligne de départ que beaucoup d’autres petits Français??….Oui il faut un plan banlieu…et même s’il coûte cher…rappelons-nous qu’une dépense, quitte à emprunter, ne représente pas forcément un coût sur le long terme économiquement parlant, il s’agit là même d’un INVESTISSEMENT, très rentable même, car ses effets multiplicateurs sur l’économie dépasseront son coût initial: baisse du chômage dans les quartiers, baisse de la violence, etc.

La méritocratie républicaine, c’est génial!…….à condition que tout le monde parte sur la même ligne de départ!!! ce qui n’est évidemment pas encore le cas complètement, c’est un objectif difficile à atteindre, mais si nous ne nous le donnons pas franchement, nous risquons encore moins de l’atteindre…..

Attention voici l’argument fallacieux: « oui mais y’en a qui s’en sortent, j’en connais »…..ah qu’il est insidieux cet argument!…..mon grand-père, déporté résistant, a réchappé des camps de la mort…c’est donc que ça ne devait pas être si compliqué….!

Il faut raisonner global, quand on parle de notre beau pays, on est dans une société humaine, pas dans un concours! Si, en schématisant, sur 100 personnes nées et ayant vécu en banlieue, il n’y en a que 10 qui « s’en sortent », et si sur 100 personnes nées et ayant vécu à Paris intra muros, 80 « s’en sortent »…c’est bel et bien qu’il y a un problème….qu’on n’est pas tous sur la même ligne de départ…..

Alors la faute à qui?….la faute à nos précédents gouvernements qui, inconsciemment, ont « parqué » dans de vastes cités dortoirs des dizaines de milliers de travailleurs africains. La France attendait des bras….ce sont des êtres humains qui sont venus, avec leurs croyances, leurs traditions, leur envie de vivre en famille….que peut-on leur reprocher?

Ces travailleurs acharnés qui ont largement contribué à reconstruire notre pays pendant les 30 glorieuses, étaient pour la plupart d’origine rurale, analphabètes, ne parlant pas ou peu le français!….à quoi s’attendait-on une ou deux générations plus tard??……que leurs enfants, petits-enfants, grandissant entre eux et ayant développé leur propre contre-culture urbaine, deviennent pour leur majorité avocats, médecins, cadres???? Ce qui se passe est socialement logique, dans tous les pays, les mêmes causes ont toujours donné les mêmes effets!!!! Et il est normal de mettre des moyens sur la banlieue pour rattraper le retard, car la solution est D’ABORD économique: quand la majorité des banlieusards pourra trouver du travail, tous les problèmes périphériques (drogue, violence, rejet de la république, haine des policiers, montée des extrémismes) s’évanouiront d’eux-mêmes!

La banlieue a besoin d’eau….

Pas celle du désormais illustre « Kärcher » qui décape, NON, l’eau de pluie qui fait pousser les jeunes plantes…

Un des moyens d’arriver à cette solution économique, un moyen qui ne coûterait rien à l’état, c’est le microcrédit, inventé par Mohamed Yunus au Bangladesh dans les années 70! En France, l’acteur principal est l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) qui octroie de petits prêts dépassant rarement 10 000 Euros aux près de 50 000 exclus du sytème bancaire, RMIstes et chômeurs de longue durée. Sa fondatrice souligne: « la demande est estimée dans l’immédiat à 50 000 créateurs potentiels, mais elle pourrait atteindre 300 000 personnes si l’environnement juridique, administratif et fiscal était simplifié »…eh bien Messieurs du gouvernement, simplifions, simplifions!

Brisons le cliché de la guerre bonne pour l’économie

juin 22, 2008

Certains trouvent comme rare point positif à la guerre le fait qu’elle serait bonne pour l’économie. Cette vision est héritée de la Seconde Guerre Mondiale où l’effort de guerre avait exigé une mobilisation totale de toutes les populations, notamment aux États-Unis, ce qui avait permis de sortir de la Grande Dépression en relançant l’économie et en stimulant l’industrie.

Mais aujourd’hui cette assertion est complètement fausse !

En effet, de nos jours, seule une minorité d’industries est concernée, de plus, pour la guerre en Iraq par exemple, une grande part des tâches d’approvisionnement et de logistique nécessaires à l’action américaine est confiée à des sous-traitants philippins ou népalais, ces dollars dépensés ne profitant clairement pas à l’économie américaine.

En fait l’effet « positif » que peut avoir la hausse des dépenses militaires sur l’économie est plus que mis à mal par au moins trois autres effets pernicieux:

  • Un climat d’incertitude géopolitique qui se traduit par une hausse des prix de l’énergie (si le conflit implique des pays producteurs, ou voisins de producteurs, ou même voisins de zones de transit, comme le détroit d’Ormuz). Ainsi, le prix du pétrole s’est remis à monter depuis 2003, date de l’invasion de l’Iraq par les Américains. Certes les experts s’attendaient à une hausse du fait de la demande chindienne (Chine + Inde), mais personne n’aurait imaginé voir le prix du baril passer de 25 dollars à 135 dollars en 5 ans ! (à ce titre, lire l’article « Mais pourquoi le pétrole monte-t-il autant ? »)
  • Un renoncement à d’autres dépenses. Ainsi Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001, et Linda Bilmes, brillants auteurs de « Une guerre à 3 000 milliards de dollars » dénoncent que cette somme aurait pu servir à la construction de 8 millions de logements, à embaucher 15 millions de professeurs, à payer les soins de 530 millions d’enfants et les bourses d’études de 43 millions d’étudiants, ainsi qu’à fournir une couverture sociale pour cinquante ans à chaque Américains. Le Prix Nobel raille que les États-Unis ne donnent que 5 milliards de dollars par an pour la coopération et le développement en Afrique, 5 milliards de dollars, soit dix jours de combat de l’armée américaine…
  • Des coûts de long terme sur l’économie (pensions pour les vétérans, femmes/mères de vétérans obligés d’arrêter de travailler pour s’occuper de leur mari/fils devenu infirme, etc). Ainsi Joseph Stiglitz rapporte que près de 40% des 700 000 hommes engagés dans la première guerre du golfe, qui a duré juste un mois, peuvent prétendre aux pensions d’invalidité. La guerre actuelle dure depuis 5 ans…

Au final, en restant sur l’exemple américain, alors que l’économie américaine souffre de la vétusté de ses infrastructures, il est clair que « la guerre stimule moins l’économie que la construction de ponts ou d’hôpitaux » affirme Joseph Stiglitz.

« La guerre peut être nécessaire à la sécurité d’un pays, mais elle n’est pas bonne pour son économie, ni à court ni à long terme. » martèle notre ami Joseph Stiglitz !

Triste ironie, il faut aussi et malgré tout reconnaître à cette guerre d’Iraq d’immenses progrès scientifiques dans la conception et l’efficacité des prothèses médicales. Ce qui renforcera peut-être certains dans leur conviction que la guerre est le meilleur des stimulateurs pour l’innovation. C’est totalement faux ! Oui l’innovation à besoin d’incitations, mais la guerre n’est qu’un moyen d’en donner ! L’économie de marché en est un autre, que ce soit avec la recherche du profit pour les entreprises traditionnelles d’une part, ou la volonté de produire des bénéfices sociaux pour les « social businesses » de Mohammed Yunus d’autre part !

Ou mieux : des concours avec d’immenses primes à la clef ont toujours constitué de puissantes incitations à relever toutes sortes de défis pour les inventeurs et chercheurs de tous bords. Joseph Stiglitz propose de procéder ainsi pour pousser chercheurs et scientifiques à trouver les remèdes aux maladies qui s’abattent principalement sur le Tiers-Monde et dont se désintéressent les compagnies pharmaceutiques.

Pour conclure ce billet, voici quelques chiffres et faits en vrac qui font froid dans le dos et démontrent, si besoin en était, le cynisme de nos grands pays donneurs de leçons :

  • Les 5 plus grands exportateurs déclarés d’armes conventionnelles (avions, navires, véhicules blindés, canons, système radar, fusils, etc, toutes les armes sauf celles nucléaires, bactériologiques et chimiques) sont les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, à savoir États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne
  • Pendant la guerre Iran-Iraq (entre 600 000 et 1.2 million de morts), les pays occidentaux ont vendu des armes aux deux camps
  • Pendant la guerre des Malouines qui opposa Angleterre et Argentine en 1982, la France vendit des armes aux Argentins, et les moyens de les neutraliser aux Anglais….
  • La guerre civile en République Démocratique du Congo, largement nourrie par les trafics d’armes légères, a fait, entre 1996 et 2003……3,8 millions de morts !!!! (International Rescues Comitee), 3,8 millions de morts, rendez-vous compte, jamais le rapport (nombre de morts)/(couverture médiatique et conscientisation des opinions sur ce massacre) n’aura été aussi élevé il me semble !
  • Chaque année, 500 000 personnes en moyenne meurent à cause des armes légères (fusils, mitraillettes, pistolets, etc)
  • 900 millions d’armes légères circulent dans le monde, beaucoup sont issues des anciens stocks de l’armée rouge dispersés et objets de tous les trafics après l’écroulement de l’Union Soviétique
  • Les dépenses d’armement sont en hausse depuis 5 ans, plus du fait de la solvabilité des pays acheteurs que de la nécessité de se prémunir contre une menace avérée

(sources: SIPRI, institut de recherche basé à Stockholm)

Venez lire l’appel du 18 janvier 2008 et signer la pétition pour une mondialisation plus juste

Une Europe politique est pour l’instant impossible!

juin 17, 2008

L’Irlande était le seul pays des 27 à pouvoir s’exprimer sur le « mini-traité » de Lisbonne par référendum, et comme par hasard, les urnes ont dit non à ce nouveau mécano institutionnel.

Soit. Si les Français avaient eu leur mot à dire, ils auraient probablement répondu non, comme d’autres peuples d’Europe. Le message est clair, les Européens ne sentent pas à l’aise avec cette bureaucratie bruxelloise trop lointaine.

Non, l’aventure européenne ne doit pas s’arrêter là, elle doit juste « changer de couleur » comme le dit Christophe Barbier, rédacteur en chef de l’Express.

Il est toujours plus facile de préserver le statu quo et de dire non à ce qui nous fait potentiellement peur, à tort ou à raison, que de dire oui à d’éventuels bienfaits. Mais ne soyons pas ingrats, la construction européenne est une indéniable réussite que nous envient tous les autres continents :

  • L’Euro nous procure une stabilité monétaire (nous n’avons plus de variation de taux de change préjudiciables pour le commerce et donc l’économie comme avant entre le Franc, le Mark, la Pesetas, la Lire, etc, du type de celles qu’on subit aujourd’hui entre Dollar et Euro)
  • En dix ans, la zone euro a créé 16 millions d’emplois, bien davantage que pendant les 10 années précédentes
  • La croissance moyenne de certains pays de la zone euro n’est pas due à l’Euro mais à la difficulté de procéder aux réformes structurelles incontournables
  • L’Euro a apporté plus de concurrence, ce qui s’est traduit, et va continuer à se traduire par de meilleurs prix pour les consommateurs
  • La libre circulation des personnes (Schengen) a permis la multiplication des voyages d’affaires, de tourisme, d’études, etc

On pourrait dresser un véritable inventaire à la Prévert des bienfaits de cette Europe, au premier rang desquels LA PAIX ! (à ce sujet lire cette article)

Mais cette logique semble maintenant se heurter à l’hostilité croissante des peuples : l’Europe politique coince, ironie du sort, à l’heure où ce nouveau traité se proposait d’incarner l’Union par un « Président », et un super ministre des affaires étrangères. Ingrats que nous sommes…

Le problème sous-jacent, selon moi, c’est que n’Europe n’est pas un État-nation ! Nous sommes une mosaïque de pays trop différents en fin de compte : nous sommes de vieux pays et avons chacun un nationalisme bien ancré résultant d’une longue histoire, nous avons (presque) chacun notre langue, c’est trop, nous vivant plus que jamais tout près les uns des autres, mais nous ne nous comprenons pas encore assez ! Les langues sont l’ultime barrage. (voir cet article) Une Europe politique sera possible le jour où on pourra voter au suffrage direct pour un Président qui l’incarnera, et on ne pourra voter pour un candidat à cette présidence que le jour où il pourra s’adresser à nous dans notre langue, c’est-à-dire le jour où il pourra s’adresser à tous les Européens dans leur langue….vous avez compris c’est impossible…..sauf si ! si l’Europe prend son courage à deux mains et se démène pour se sortir des sables institutionnels dans lesquels elle s’enlise….en choisissant de se doter d’une langue commune, une langue en plus de nos langues nationales, une langue parlée par tous, de Lisbonne à Tallin, de Dublin à Ljubjlana ! Avec des chaînes télé subventionnée, du cinéma subventionné, des dispositifs web bien étudiés, des jeux éducatifs sur console (je ne rigole pas), en une génération tous les Européens pourraient parler la même langue (par exemple l’Esperanto, en trois heures on en maîtrise déjà les rudiments !)

Ce jour là, les étudiants n’hésiteront pas à aller étudier aux confins de l’Europe, les mariages mixtes se multiplieront, les peuples fusionneront, l’Europe aura un sens, et l’Europe politique sera possible, en tant que simple étape, espérons le, vers un monde de prospérité, unifié et pacifié.

La priorité humaine essentielle!

juin 16, 2008

« La priorité humaine essentielle est la réduction des inégalités et l’expansion d’une classe moyenne mondiale incluant les milliards de personnes vivant actuellement avec un revenu de 2 dollars ou moins par jour. » nous assène Mohamed Yunus.

Cette priorité ne pourra prendre corps qu’au travers d’une double approche de haut en bas (top down) et de bas en haut (bottom up).

« Top down » donc via la refonte de la gouvernance mondiale et l’établissement de nouveaux traités environnementaux et de libre-échange plus équitables : il n’est pas normal que les pays les plus pauvres aient à payer pour un réchauffement climatique découlant des abus d’une minorité bien placée ayant pollué à outrance depuis 200 ans. Il n’est pas non plus normal par exemple que le Bangladesh, en 2006, ait payé 500 millions de dollars de droits de douane pour pouvoir exporter 3.5 milliards de dollars de production aux États-Unis, là où la Grande-Bretagne, elle, a payé ces mêmes 500 millions de droits de douane en contrepartie de 54 milliards de dollars d’exportation vers la même destination, les États-Unis ! On marche sur la tête. Ouvrons GRADUELLEMENT les ultimes remparts au commerce mondial pour laisser chacun se concentrer sur son avantage comparatif et laisser une chance aux pays les plus pauvres de se développer via les exportations de ce qu’ils savent faire comme l’a fait la Chine depuis 15 ans !

« Bottom Up » en donnant à chacun le moyen d’exprimer son potentiel, en donnant accès au micro-crédit à un maximum de pauvres, en leur donnant les moyens de se servir des nouvelles technologies, vecteur d’émancipation culturelle, économique et démocratique !

Si cela est mis en place rapidement, à l’instigation au hasard d’un jeune président Américain 😉 fraîchement élu…alors oui l’Humanité a résolument les moyens d’éradiquer la pauvreté en ce XXIème siècle.

Lire ce qu’on veut, où et quand on veut…le Kindle est arrivé!

juin 15, 2008

LIRE ! J’avais déjà publié un post sur ce sujet, mais je ne résiste pas à l’envie de remettre se sujet sur la table suite à la sortie tant attendue d’un prototype de livre numérique enfin satisfaisant, le Kindle de Amazon dont je vous invite ardemment à voir les vidéos de présentation sur le site même d’Amazon.

C’est tout simplement un tournant qu’est en train de prendre l’économie du savoir avec cette innovation longtemps désirée mais jamais au point : on peut enfin embarquer avec soi des milliers d’heures de lecture, le tout contenu dans un dispositif électronique léger et pratique, avec un écran restituant enfin une qualité de lecture égale à celle sur papier…d’après les premiers témoignages (je ne l’ai vu que sur internet à mon plus grand regret !!) au bout de quelques minutes de lecture, on n’en oublierait presque l’écran, les gens n’en reviennent pas. Mieux encore, sans même souscrire à un quelconque abonnement, on a accès, gratuitement donc, à la boutique en ligne Amazon (via wifi ou gprs, comme les portables !) pour acheter en moins d’une minute un livre parmi la centaine de milliers d’ouvrages déjà disponibles.

Loin des besoins en batterie requis par la vidéo et la musique, cet appareil, le Kindle, futur best-seller je pense, a une autonomie de plusieurs jours de lecture !!

On pourra maintenant lire où on veut, quand on veut, autant qu’on veut, ce qu’on veut, véritable révolution !! Sans s’encombrer, il sera possible de mettre à profit tous ces petits temps morts de la journée, temps perdus pour l’instant, mais demain, occasions de découvrir un nouvel auteur, de lire les derniers posts de ses blogs favoris – et oui ! – ainsi que les derniers articles des grands journaux.

Alors quel lien avec la mondialisation et l’aspiration à un monde meilleur ? Et bien c’est simple, voici enfin le premier appareil viable d’une longue série à venir à même de rendre disponible à tous les êtres humains le savoir de toute l’humanité ! Ce type d’innovation rapproche encore les Humains les uns des autres, en ce sens que cela contribue à mettre sur un pied d’égalité pauvres et riches, Nord et Sud, quant à l’accès au savoir ! La suite logique de la numérisation des textes, comme j’ai pu l’évoquer dans un précédent billet, c’est la voie déjà empruntées par la musique et maintenant par la vidéo : la gratuité qui s’imposera de fait comme le nouveau paradigme de la lecture sous les coups de boutoir de la piraterie.

Plus largement, l’accès au savoir partout et tout le temps, c’est l’accès aux outils permettant une meilleure compréhension et interprétation de l’information : les producteurs des villages reculées ne se feront plus aussi facilement arnaqués par des acheteurs intermédiaires peu scrupuleux leur faisant croire à des cours ayant soi-disant chuté. C’est aussi plus de démocratie, car la possibilité pour les opinions publiques de se mobiliser et de s’enflammer grâce à ces outils multidimensionnels que sont internet ou les sms, qui rendent caduques les lignes Maginot que croient pouvoir ériger les autorités.

Pour terminer ce billet voici un extrait de « Vers un nouveau capitalisme », ouvrage de Mohamed Yunus, homme formidable dont l’Humanité dira certainement dans cent ans qu’il fut l’un de ses plus remarquables bienfaiteurs. Ce passage illustre une situation qui témoigne du rôle joué par les nouvelles technologies dans l’amélioration de la gouvernance dans les pays du tiers monde ici grâce à un simple téléphone portable !

« Certaines dames téléphones (au sein des communautés pauvres, dames qui offrent des services de téléphonie) ont fait usage du pouvoir que représente la possibilité de passer des coups de téléphone. L’une de mes histoires favorites met en scène une dame-téléphone dans un village où avait eu lieu un crime : une personne du village avait été attaquée par un inconnu qui avait aussitôt disparu. Les gens du village étaient en colère et angoissés. Que la police locale reste totalement indifférente à leurs appels les a rendus encore plus furieux.

Par le passé, ils n’auraient eu aucun recours. Mais la dame-téléphone leur a dit de ne pas s’inquiéter car elle allait appeler le chef de la police. Elle l’appela et lui dit : « Les habitants de notre village sont très en colère car vous refusez de répondre à nos appels. Je vous demande d’envoyer des policiers dans notre village pour enquêter sur ce crime. Sinon, je vais appeler le bureau du Premier Ministre, j’ai son numéro sous les yeux ! »

La police arriva une heure plus tard. »